La carotte et la bâton, Delphine Pessin

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vais vous parler d’une de mes dernières lectures de 2017, « La carotte et la bâton » de Delphine Pessin aux éditions Talents Hauts. J’ai d’abord aperçu le livre à Montreuil, où mon œil avait plutôt craqué sur la couv’ de « La porte de la salle de bain » de Sandrine Beau. Mais j’ai discuté avec une dame du stand, qui s’est avérée être une éditrice, et qui m’a très bien vendu « La carotte et la bâton ». Je l’ai acheté fin décembre et quelle bonne décision ! J’ai adoré ce livre !

(Avant de continuer, oui j’ai conscience que prendre une photo de ce bouquin entouré de carottes c’est extrêmement premier degré MAIS JE M’EN FICHE JE L’AIME QUAND MÊME #choixartistiquesdouteux)

Voilà le résumé éditeur:

« Émilie fait sa rentrée de troisième dans un nouveau collège, dans la même classe que son amie Cloé. Très vite, la jeune fille devient la cible préférée de Barbara, la « star » du collège, et de toute sa bande. Ils l’insultent au motif qu’elle est rousse, s’amusent à lui jeter de la nourriture et vont jusqu’à la blesser physiquement. Émilie supporte tout cela stoïquement, jusqu’à ce que Cloé préfère s’éloigner d’elle pour ne pas devenir elle aussi une cible. »

Mon avis

« La carotte et la bâton » est un très beau livre. Il commence doucement, du point de vue d’Emilie. La jeune fille déménage, change de collège, elle ne connaît personne… Ce n’est pas facile pour elle. Heureusement, elle rencontre Cloé qui va rapidement devenir une très bonne amie. Très vite, Emilie est moquée par ses camarades à cause de ses cheveux roux. Quand on découvre Barbara, l’instigatrice, « la méchante », j’étais sans mentir à la limite de me demander si le livre n’allait pas tomber dans le cliché. Barbara est une vraie peste, une chipie, presque un stéréotype. Mais le livre ne tombe pas dans ces écueils, et c’est aussi pour ça que j’avais envie de vous en parler.

Le changement de point de vue, avec Cloé qui prend la parole, apporte un rafraîchissement bienvenu. J’ai trouvé que c’était une idée très intelligente de nous présenter le point de vue de Cloé, qui n’est ni harceleuse, ni harcelée. Elle se retrouve coincée entre Emilie, qu’elle aime sincèrement, et le groupe de harceleurs qui risquent de s’en prendre à elle si elle se range du côté de son amie. Voir ce dilemme dans un livre est très important, parce que je pense qu’on a peut-être tous déjà été dans la situation de Cloé. En tout cas moi je l’ai été, et j’ai été touchée par cette jeune fille. J’ai également apprécié que les difficultés personnelles et familiales vécues par Cloé nous soient racontées mais ne soient jamais utilisées comme une excuse pour justifier son comportement.

Passées les premières pages, après la présentation des personnages et du contexte, la tension monte progressivement. Ce qui ressemble à des petites chamailleries d’adolescents commence à prendre une tournure inquiétante. Les plaisanteries légères deviennent jeu dangereux. J’ai eu des frissons lorsqu’on comprend la vraie signification du titre « La carotte et le bâton ». Le livre devient terriblement prenant. On ressent l’angoisse d’Emilie, on a du mal à respirer nous-mêmes, on ne sait pas si on devrait finir le livre d’une traite comme on arrache un pansement, ou s’arrêter et reprendre nos esprits #option1pourmoi La pression s’accumule jusqu’à la fin, terrible, glaçante, et l’épilogue fort et poignant.

Ce que j’ai apprécié le plus, je crois, dans ce roman, c’est le traitement de la famille. La famille d’Emilie est un cocon, une protection pour elle. Elle se sent bien lorsqu’elle rentre, elle sent qu’elle peut se confier à son frère ou à ses parents (notamment sa mère qui est à la maison avec son nouveau-né). J’ai trouvé glaçant, marquant, et terrible de voir que même cette famille aimante et à l’écoute (dans la mesure du possible) n’a pas réussi à arrêter le harcèlement dont était victime Emilie. Malgré l’intervention des parents, rien ne s’arrête. C’est vraiment bouleversant et effrayant. Même lorsqu’on fait tout ce qu’il faut (je ne suis pas sûre que je serais allée plus loin qu’eux), la situation ne s’améliore pas.

Un très beau roman donc, qui permet d’ouvrir les yeux sur ce harcèlement scolaire dont on entend tant parler dans les médias, et dont on oublie parfois qu’il touche de vrais enfants. Des enfants qui souffrent, qui sont soutenus par leur famille ou isolés, et qui ont besoin d’aide. « La carotte et le bâton » et son magnifique épilogue nous rappellent à quel point il est important d’ouvrir le dialogue avec tous les enfants qu’on connaît. Coup de cœur donc, et grosse recommandation !

Dites moi si vous l’avez lu, et à très vite !

Pauline

 

 

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2 commentaires sur “La carotte et la bâton, Delphine Pessin

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  1. Tellement fort ce roman, et comme tu le dis si bien, il évite les clichés et c’est tant mieux ! Il aurait très bien pu tomber dans le « pédagogique » en mettant l’histoire de côté. Mais tout est justement mené, jusqu’à cette fin, ohlala… La collection Ego me surprend toujours ! Allez, petite recommandation… Je te conseille Les fils de George dans cette collection, qui parle des sectes en France. Bonne ambiance !

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